Intercession

« Mais lui, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible. C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Il nous convenait, en effet, d'avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n'a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car ceci, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même » (Hébreux, 7V24-27).

1.Les souverains sacrificateurs, les prédécesseurs des intercesseurs de nos jours?


Les souverains sacrificateurs étaient les responsables des sacrificateurs, du sacerdoce. La lignée de souverains sacrificateurs a commencé avec Aaron et s'est terminée avec la destruction de Jérusalem (70 a.p J.C). Ils avaient pour devoirs d'offrir des sacrifices pour leurs propres péchés, pour ceux des sacrificateurs et pour le peuple. Ils pouvaient également avoir un rôle de juge comme Eli, le père spirituel du prophète Samuel. Ce sacerdoce était héréditaire et ce, jusqu'à Salomon qui fut le premier à démettre un souverain sacrificateur de ses fonctions (Abiathar).
Les souverains sacrificateurs offraient des sacrifices pour les péchés du peuple et priaient pour le peuple. Tout intercesseur sait que l'intercession ne peut se faire pour soi; la prière d'intercession ne peut être faite que pour autrui. Nous, en qualité d'intercesseur, sommes les « descendants » des souverains sacrificateurs. Notre rôle présente beaucoup de similitudes avec celui du souverain sacrificateur: nous présentons au Seigneur les fardeaux des personnes pour lesquelles nous intercédons, nous prions en leur faveur, nous les soutenons par la prière d'intercession, etc. Cela vaut également pour l'intercession de l'église. Nous n'avons cependant pas de sacrifice lévitique à présenter au Seigneur. Notre sacrifice n'est pas non plus celui de la croix, Jésus l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui même. Notre sacrifice, c'est le temps que nous accordons à ce ministère auquel nous sommes consacrés, la diligence avec laquelle nous l'accomplissons, notre application, etc. La régularité était une composante des pratiques des souverains sacrificateurs. Nos groupes d'intercession ont également des « réunions » hebdomadaires. De nos jours, avec les connaissances que nous avons, il est inconcevable que nos réunions d'intercession soient mises en place de façon épisodique.
Christ est le souverain sacrificateur par excellence, qui est venu accomplir la loi. Il est le souverain sacrificateur d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Les textes ci-dessous le montrent:

« Là où Jésus est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l'ordre de Melchisédek.(Hébreux, 6V20)

« Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons »(Hébreux, 4V14)

2.Jésus, le médiateur :


« Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n'est pas construit de main d'homme, c'est-à-dire, qui n'est pas de cette création; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d'une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant !Et c'est pour cela qu'il est le médiateur d'une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis.
(Hébreux, 9V11-15).

Les souverains sacrificateurs en leur temps étaient les médiateurs entre Dieu et les hommes. Sommes-nous des médiateurs entre Dieu et les hommes? La réponse est: Non. La Bible est très claire à ce sujet. Il y a un seul intermédiaire entre Dieu et les hommes, c'est Jésus. C'est ce que nous dit l'apôtre Paul dans sa première lettre adressée à Timothée.

« Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ »(1Timothée, 2V5).
Avant d'aller plus loin, rappelons-nous ce qu'est la définition de la médiation:
« La médiation est une pratique ou une discipline qui vise à définir l'intervention d'un tiers pour faciliter la circulation d'information. Le tiers est appelé médiateur. » Selon l'auteur de ce texte, « la définition de cette activité varie selon les contextes d'application. Néanmoins, des constantes existent à chaque fois qu'un tiers intervient pour faciliter une relation ou la compréhension d'une situation et des éléments de pédagogie et de qualité relationnelle se retrouvent dans les pratiques de la médiation.(1) »
On peut très facilement confondre le mot médiation avec « conciliation » ou même encore « négociation ». La différence est certes infime mais les significations ne sont pas totalement les mêmes.
On remarque dans la définition qui nous est proposée plusieurs constantes:

I.Faciliter une relation
II.Faciliter la compréhension d'une situation
III.éléments de pédagogie
IV.qualité relationnelle


Dans le premier cas, la prière d'intercession étant toujours pour autrui, elle sert à faciliter la relation du tiers avec le Seigneur. Prenons un exemple concret: un intercesseur à qui il a été demandé de prier pour une personne qui a renoncé à marcher dans les voies du Seigneur, afin que celle-ci se repente et renonce au péché priera jusqu'à ce qu'il soit exaucé. L'intercesseur va donc prier pour qu'elle revienne dans les voies du Seigneur. Si la personne pour qui prie l'intercesseur se repent, nous pouvons dire que l'intercesseur a eu un rôle qui a permis de faciliter une relation. Car la relation entre le Seigneur et l'homme autrefois égaré est rétablie. L'intercession peut alors prendre fin.
Dans le deuxième cas, la prière d'intercession facilite la compréhension d'une situation, dès lors que nous prions pour que le Seigneur permette à une ou plusieurs personnes de saisir, de comprendre, d'éclaircir une situation, etc. - on parle généralement d'avoir « les yeux ouverts ».
Dans le troisième cas, l'intercession nécessite la connaissance d'éléments de pédagogie pour qu'elle soit bien menée. Moïse les avait. C'est pourquoi il put intercéder auprès de Dieu, en faveur du peuple d'Israël après que celui-ci ait dressé le veau d'or dans le désert. Dieu voulant faire naitre un peuple de Moïse, à la place du peuple d'Israël, renonça à sa décision et exauça la prière de Moïse, qui conduisit le peuple aux portes de Canaan. La pédagogie est une méthode qui permet la transmission de connaissances avec aisance et efficacité. Elle sert énormément dans la communication. Or la prière est un exercice de communication avec le Seigneur. Nous qui sommes au service du Seigneur (intercesseurs, chantres, pasteurs, prophètes, etc.) ne pouvons travailler dans l'œuvre sans avoir un minimum de pédagogie. Sans pédagogie nous n'allons pas construire mais détruire.
Dans le dernier cas, si nous intercesseurs n'avons pas « de bonnes relations » avec Dieu, notre intercession ne portera pas de fruits. Qu'entend-on par bonnes relations? Un intercesseur doit avoir une vie de prière personnelle; il doit être capable de se repentir, avoir de la sensibilité, etc. Les qualités relationnelles sont une constante importante pour les intercesseurs. Si un intercesseur est une personne qui est souvent en conflit avec les autres, elle aura du mal à intercéder en leur faveur. Car les portes de la rancœur et bien d'autres seront ouvertes de façon trop régulières. L'intercesseur ne sera pas disposé à prier pour autrui. L'intercession est un ministère qui demande au préalable un travail en profondeur sur soi même, afin que les blessures, le mal être, les souffrances, etc. ne viennent pas interférer dans la « qualité » de l'intercession. La prière doit être fervente pour qu'elle soit efficace. C'est ce que semble nous dire Jacques dans son épitre.

« ....La prière fervente du juste a une grande efficace. » (Jacques, 5V16)

Ils nous est maintenant aisé de comprendre que nous ne sommes pas des médiateurs entre Dieu et les hommes, mais nous avons un rôle dans la médiation.

Nous pouvons comparer l'intercesseur avec l'avocat qui plaide au tribunal en faveur de son client. Sa plaidoirie peut être qualifiée d'intercession. Certains avocats ont des clients que l'on pourrait qualifier « d'indéfendables ». Pourtant, on découvrira lors des plaidoiries des avocats « prêts à tout » pour démontrer l'innocence de leurs clients. Si nous comparons les intercesseurs à des avocats, une question va se poser: Sommes-nous réellement « prêts à tout » pour ces personnes pour qui nous intercédons? Pouvons-nous ne pas céder à la difficulté? Sommes-nous réellement fidèle?
Heureusement, Jésus est notre avocat, notre médiateur, notre intercesseur auprès du Père. Il est dit de lui:

« Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! » (Romains, 8V34)


Mariette Oubala

 

 

 


(1) http://www.wikimédia.fr

Commentaires (1)

1. Ryo 29/01/2012

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