2. Juda Iscariot

IV. Un apôtre oint.

Judas fit partie des premiers missionnaires envoyés par Jésus répandre la Bonne nouvelle du salut. Luc écrit à ce sujet :

« Jésus ayant assemblé les douze leur donna force et pouvoir sur tous les démons, avec la puissance de guérir les maladies. Il les envoya prêcher le royaume de Dieu, et guérir les malades…Ils partirent, et ils allèrent de village en village, annonçant la bonne nouvelle et opérant partout des guérisons. » (Luc, 9.1-2 & 6).

L’évangile de Matthieu, qui va dans le même sens que celui de Luc, cite Judas comme l’un des douze missionnaires de ce voyage (Matthieu, 10.4). Cela suppose donc que Judas connut la manifestation de la puissance de Dieu. Il vit les démons être chassés, les malades guérir, les sourds entendre, etc. Dans tous les cas, le Nouveau Testament ne dit pas le contraire. Nous considérons donc Judas comme un apôtre oint. Il connut la puissance de Dieu, vit des prodiges et des miracles s’accomplir pendant ses missions et celles qu’il fit aux côtés de Jésus-Christ, etc. De nombreux prédicateurs de notre époque n’ont peut-être jamais connu ce que connut Judas en tant que prédicateur. Combien d’hommes d’Eglise pensent que la puissance de Dieu est un mythe ?  Etc.

Cependant, bien que Judas connut la puissance de Dieu, il acheva mal sa course. Nous savons tous qu’il alla se pendre après avoir trahi Jésus, s’étant rendu compte des conséquences de sa collaboration avec le Conseil juif, le sanhédrin, pour l’arrestation de Jésus, son Seigneur. Nous essayons ici de mettre en avant le fait que notre engagement actuel dans le ministère n’est pas la garantie de notre salut. Il nous faut veiller jusqu’au terme de notre mission. Nous ne sommes pas mieux que Judas. Si nous avions vécu à son époque, si nous avions été à sa place, nous aurions peut-être agi comme lui. Il est facile de penser ou d’affirmer que nous n’aurions pas trahi le seigneur si nous avions été parmi les douze apôtres ; nous nous mentons certainement à nous même. Car combien de fois ne trahissons-nous pas Jésus par nos rébellions et nombre de nos comportements ? Nous paraissons lisses, polis, « saints », bons, etc. devant les hommes, mais nos péchés cachés et inavouables sont autant de trahisons et de reniements qui pourraient nous faire perdre notre couronne céleste. Cependant, une fois que nous nous repentons, le Seigneur nous pardonne , nous restaure et nous accorde la paix intérieure. Pourtant, face aux autres, nous faisons parfois comme si nous étions des « supers chrétiens ». Comprenez bien nos propos : nous n’essayons pas de culpabiliser qui que ce soit. Nous voulons simplement insister sur le fait que ce que Judas connut peut également nous arriver. Il nous appartient donc de veiller constamment pour ne pas connaître la même fin que lui. En effet, Judas n’était un apôtre quelconque, c’était un homme aussi oint que certains hommes de Dieu actuellement connus. Il fut choisi par Dieu pour être aux côtés de Jésus-Christ, parmi les douze juifs qui devaient marquer l’histoire de la foi pour l’éternité. Mais il est passé « à côté » de sa destinée.

V. La trahison.

La trahison de Judas ne nous semble être l’unique fruit de la cupidité. Un homme de Dieu a fait l’hypothèse suivante au cours de sa prédication : pour lui, Judas sachant que Jésus était un homme puissant, il voulait, qu’en le trahissant, celui-ci fût confronté à ses détracteurs et qu’il déployât la puissance de Dieu, afin que les Romains fussent ébranlés, vaincus et boutés hors d’Israël. Avec le Messie tant attendu à la tête de la nation juive, la gloire d’Israël serait retrouvée et restaurée. Mais Judas n’avait pas pensé un seul instant que Jésus se laisserait faire lors de son arrestation et de sa comparution devant le sanhédrin, devant Hérode et devant Pilate. Cette hypothèse est valable. Car voyant que Jésus avait été Condamné, Judas fut prit de remords (Matthieu, 27.3), regretta son geste, restitua son salaire puis il fit ce qu’il ne fallait faire : il alla se pendre (Matthieu, 27.3-5). Judas aurait pu se repentir, et l’histoire aurait peut-être été différente pour lui. Car son péché était bien semblable à celui de Pierre qui renia le Seigneur au même moment. Mais Pierre reconnut son péché et se repentit, une attitude contraire à celle de Judas. Son geste est regrettable, car il le prive da la vie éternelle. Dans tous les cas, si Judas n’avait pas livré Jésus au sanhédrin, quelqu’un d’autre l’aurait fait, afin que s’accomplissent les Ecritures (Matthieu, 26.54, 56).

VI. L’apôtre déchu.

De nombreuses personnes débattent souvent du fait que nous n’avons pas à décidé si Judas est au ciel ou en enfer. Que disent les Ecritures à ce sujet ? Si nous considérons l’ensemble des textes qui évoquent la trahison de Judas (Actes, 1.16-20, Psaumes, 69.26 et 109.8), il n’y a pas beaucoup de choses qui nous permettent d’affirmer que Judas est au ciel (Psaumes, 69v28 et 29). Certains prédicateurs pensent que pendant les jours qui ont suivi la crucifixion de Jésus, Judas a peut-être eu l’opportunité de se repentir puisque le Seigneur est allé prêcher le salut en enfer. Judas s’y trouvant, il aurait peut-être pu être sauvé. Cette hypothèse n’a pas de fondement biblique car Jésus alla prêcher à ceux qui avaient été rebelles au temps de Noé (1Pierre, 3.19-20). Or Judas n’était pas concerné par cette époque. Nous pouvons donc affirmer qu’il est peu probable que Judas soit au ciel. Pour clore le débat sur ce point, il est important de rappeler que la mort par suicide ne donne à personne le droit d’hériter du salut.

Judas ne perd par seulement le salut, qui est certes le don le plus important accordé par Dieu aux hommes. Il perd la récompense d’avoir servi Jésus-Christ, et sa position parmi les douze apôtres de l’Agneau (Apocalypse, 21.14). Il perd également le pouvoir de juger Israël (Matthieu, 19.29). Nous ne savons pas ce que la désobéissance peut nous ravir. Veillons !

Conclusion.

Pourquoi avons-nous vraiment voulu écrire sur Judas ? La principale raison pour laquelle nous avons écrit sur ce personnage du Nouveau Testament est le besoin d’enseigner correctement les saintes écritures. Nous ne pensons pas être mieux instruits que qui que ce soit sur les questions religieuses, mais trop de faits et de personnages bibliques sont parfois déformés, et restent trés caricaturaux. Nous souhaitons que l’enseignement biblique soit conforme à la vérité, et tienne compte des paramêtres qui permettent de mieux restituer le sens du texte biblique.

Pasteur Oubala

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