6. Vous serez prévenus et oints pour affronter la croix (suite)
Quand Jésus revint du désert, après quarante jours de jeûne, il se rendit à Nazareth. Il y fit une déclaration qui montrait que l'onction est accordée par Dieu dans un but donné. Il dit :
« L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres,... » (Luc, 4.18).
Par contre, au domicile de Simon le lépreux, Jésus explique ainsi le geste de Marie de Béthanie :
« En répandant ce parfum sur ma tête, elle l'a fait pour ma sépulture » (Matthieu, 26.12).
Arrêtons-nous un instant sur l'onction que fit cette femme à Jésus. L'une des choses qui nous donne la capacité d'affronter la croix est l'onction. Mais l'onction dont il est question dans le présent texte n'est pas celle qui conduit les prédicateurs à souffler sur les foules pour qu'elles s'affalent sous la puissance de Dieu. Elle n'agit pas pour guérir les malades, faire marcher les paralytiques, délivrer ceux qui sont sous le pouvoir de Satan, ressusciter les morts par votre ministère, etc. Cette onction n'est pas destinée à aider les autres ; elle est pour vous. Elle est « taillée » pour vous soutenir dans l'épreuve de la croix. Dieu vous la donne, mais il se peut que vous ne reconnaissiez pas à quel moment elle vient sur vous. Car comme les disciples, aveuglés par le prix du parfum, ne virent pas un acte divin, dans le geste de cette femme, pour soutenir Christ se préparant à affronter l'épreuve de la croix, vos collaborateurs ne reconnaîtront peut-être pas ceux que le Seigneur envoie pour vous soutenir ; c'est à vous de les reconnaître. Il faut cependant signaler une chose essentielle à cette onction : l'humilité. Jusqu'au jour où cette femme versa ce parfum sur la tête de Jésus, personne n'avait jamais osé faire une telle chose. Il est le Seigneur et le Messie mais il laisse quelqu'un d'insignifiant répandre sur sa tête un parfum. Reconnaîtrez-vous que des gens « insignifiants » peuvent vous apporter quelque chose da la part de Dieu ?
Cette femme avait un parfum de grand prix ; il y a également des gens que Dieu a destiné à vous apporter les ressources qui vous permettront de passer par la vallée de l'ombre de la mort sans que ni vous ni vos soutiens y trépassiez. Discernez qui sont ces gens et protégez-les des « attaques » des frères et sœurs qui se croient spirituels mais ne le sont. N'écoutez pas ceux qui, autour de vous, dans une apparence de sagesse, blâment les hommes et les femmes qui vous soutiennent dans l'épreuve ; ils critiquent toujours l'usage qu'on fait des dons. Certaines personnes laissent croire à leurs auditeurs qu'elles se soucient des pauvres, en laissant entendre qu'il faut utiliser les dons faits à l'Eglise pour aider les plus démunis. Il y a certainement des communautés chrétiennes qui ne prennent pas soin des pauvres, mais il y a d'autres qui le font. Mais il faut savoir distinguer ce qui doit être fait pour le bien du leader de ce que doit être fait pour aider les plus démunis, et quand cela doit être fait ; car il y a un temps pour tout. Les personnes qui manquent de discernement ne reconnaissent ni les moments qui précèdent la croix ni les hommes ni les femmes que Dieu destine à vous soutenir pour un temps, ou à tout moment, ni ce qui doit vous être accordé pour affronter l'épreuve de la croix. Marie n'était pas au nombre des apôtres, les collaborateurs les plus proches du Jésus. Il est possible qu'à cette époque elle ne fût même pas comptée au nombre des disciples, car elle était venue dans la maison de Simon pour se repentir ; elle n'y avait pas été invitée : c'était une femme de mauvaise vie. Pourtant, sans le savoir, elle répandit sur la tête du Seigneur une onction bien spéciale. Ceux qui vous soutiennent dans les moments difficiles peuvent ne pas être des membres de votre équipe. Voilà pourquoi vous devez veiller à ne pas rejeter les potentiels soutiens extérieurs à votre entourage.
La croix demande de marcher aux côtés d'un homme de Dieu sans être intéressé. Si votre cœur est avide de gain, quand viendra l'épreuve de la croix, vous abandonnerez votre leader tout comme le firent les apôtres et les disciples. Il y avait parmi les compagnons de jésus ceux qui le suivaient parce qu'ils espéraient régner avec lui à Jérusalem. Ils pensaient que le royaume d'Israël allait renaître à l'instant et que le fils de David, Jésus, prendrait le pouvoir en chassant les Romains. Mais l'arrestation et la crucifixion de Jésus provoqua une dispersion des disciples. Leur espoirs moururent et s'enfuir pour sauver leur peau. Quand vous passerez par la croix certains personnes croiront que c'est fini pour vous. Elles penseront que votre ministère est terminé, votre appel est mort. Il n'y avait donc plus de raison de marcher avec lui. C'est souvent à ce moment que ceux qui n'ont pas vraiment cru en vous disent qu'ils avaient eu raison de ne pas se joindre à vous, qu'ils ne se sont pas trompés dans leur choix...
Il n'est pas étonnant que parmi les hommes, seul Jean fils de Zébédé se tenait au pied de la croix de Jésus. Il avait compris qui était celui qu'il suivait ; l'évangile qui porte son nom le montre bien .
7. Incertitude et confusion
Nos réflexions sur tous les sujets que nous traitons ne peuvent épuiser totalement lesdits sujets. Cependant, elles peuvent nous aider, avec l'aide de l'Esprit du Seigneur, à progresser dans la foi et à demeurer dans les voies de Dieu. L'enseignement sur la croix est capital. Il prépare la résurrection, triomphe de Christ et de l'Eglise sur la mort. Explorons une fois de plus notre sujet, avec ce court récit de Marc écrivant :
« La sixième heure étant venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu'à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : Eloï, Eloï, lama sabachthani ? ce qui signifie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as tu abandonné ? Quelques-uns de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, dirent: Voici il appelle Elie. Et l'un d'eux courut une éponge de vinaigre, et, l'ayant fixé à un roseau, il lui donna à boire, en disant : Laissez, voyons si Elie viendra le descendre. Mais Jésus ayant poussé un grand cri, expira. » (Marc, 15.33-38).
Les ténèbres sont parfois une marque de la croix. Ce sont des temps où tout semble nous tomber dessus sans qu'on sache pourquoi. On se demande ce qu'on a fait pour mériter une telle chose. On ne comprend rien. Car les temps de la croix sont souvent sombres. Il est possible que nous ne recevions plus de révélation. Et quand nous en recevons, notre cœur ne vibre plus comme avant. Nous nous demandons si c'est le Seigneur qui nous a parlé ou si nous sommes influencé par nos propres attentes. Ce qui fait accroître ce sentiment d'abandon. Pour Jésus, les ténèbres durèrent trois heures. Pour nous, leur durée est variable ; tout dépend de votre attitude, de votre sensibilité, du temps prévu par le Seigneur, etc. Si nous restons dans de bonnes dispositions, les ténèbres ne dureront que le temps prévu par le Seigneur (Esaïe, 26.20). Si par contre nous ne sommes pas dociles, les ténèbres peuvent durer plus longtemps.
Les temps de la croix nous laissent croire que le Seigneur nous a abandonné. Vous connaissez certainement la signification du cri de Jésus sur la croix. Vous avez peut-être déjà entendu lu des enseignements portant sur ce sujet. L'importance de ce passage demande que nous le traitions comme une sujet unique. Nous reviendrons là-dessus dans une autre « étude ». Les temps de la croix sont des temps de questionnement. Certains prédicateurs doutent de leur vocation ; ils se demandent s'ils ne se sont pas trompés de voie. D'autres qui ont mal saisis ce temps repartent à la recherche d'un emploi séculier. D'autres encore quittent simplement les voies du Seigneur trouvant trop injuste ce qu'ils vivent... Or ce qu'il nous faut savoir c'est que les temps de la croix nous conduisent vers une acceptation de la volonté de Dieu (Marc, 15.36) et un rejet totale de la nôtre renonciation. Là, nous sommes conduits à dire avec honnêteté : Seigneur, fais de moi ce que tu veux ! Combien d'entre-nous disons servir le Seigneur mais continuons à faire ce que nous voulons pourvu que ce soit biblique ? Combien disent servir Dieu et cependant tente de réaliser leur propre rêve ?
8. La déformation
Nous arrivons au termes de cette étude sur le thème de la croix. Que le Seigneur vous donne l'occasion de la poursuivre dans votre étude personnelle des Ecritures. Pour nous, nous espérons vous avoir mis l'eau à la bouche pour aller plus loin dans votre collaboration avec l'Esprit de Dieu dans vos études bibliques.
Si nous relisons le texte que nous vous avons proposé précédemment pour clore ce thème (Marc, 15.33-38), nous constatons qu'il est facile que les propos d'un homme de Dieu soient déformés et transformés ; et la croix semble avoir cette particularité. Jésus dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » mais ceux qui l'avaient entendu pousser ce cri dirent : « Voici il appelle Elie. » Comment a-t-on pu déformer les paroles du Seigneur Jésus ? Sachez que vos propos seront également déformés et transformés. Vous direz A et ceux qui vous crucifient diront que vous avez dit A1. Vous direz B, et ils diront que vous avez dit B1. Ne soyez pas surpris et ne vous demandez pas pourquoi ces mensonges sur votre personne. Jésus l'a vécu et il vous soutiendra. Certains croiront discerner vos intentions et les traduiront par ces déformations et ces transformations.
Faites attention à l'aide qu'on vous propose pour tenter d'atténuer votre douleur. Votre semblant de soutien ne vous apportera pas une aide divine, tout comme ceux qui donnèrent du vinaigre à Jésus. Le vinaigre n'étanche pas la soif, l'aide qu'on vous apporte ne vous soulagera pas.
A cette étape de notre étude, nous pouvons dire que nous sommes arrivés à la conclusion. Jésus expira après qu'on lui proposât du vinaigre à boire. La croix s'achève mais pas l'épreuve. Car la mort arrive.
Pasteur Oubala
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