La croix
1. Un lieu de sélection
Dans l'évangile de Jean il est écrit :
« Près de la croix de Jésus, se tenait sa mère et la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas et Marie-Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et debout auprès d'elle le disciple qu'il aimait dit à sa mère : Femme, voici ton fils. Puis il dit au disciple : Voici ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean, 19.25-27).
Nous allons nous intéresser à ce thème de la croix. Nous prendrons le temps qu'il faut pour le traiter « profondément ». Nous comptons, comme d'habitude, sur l'Esprit du Seigneur pour nous éclairer et nous permettre de vivre ce que nous enseigne la parole.
La croix est l'enseignement central du christianisme. En examinant les Ecritures, nous découvrons des choses incontournables pour notre vie. Et le texte que nous vous proposons nous aidera à saisir certaines vérités qui nous seront bénéfiques. Tout lecteur des Evangiles sait que Jésus avait douze compagnons qu'il nomma apôtres. Il avait également un nombre de disciples qu'il envoyait en mission (Luc, 10.1-17). Parmi ceux qui le suivaient, il y avait des femmes très impliquées dans son ministère. Pourquoi à la croix n'y avait-il que quelques disciples (Marc, 15.40-41 ; Matthieu, 27.32,55-56 ; Luc, 23.48-49) ? La première des choses que nous disent les Evangiles est que Simon de Cyrène fut contraint de porter la croix de Jésus. Il vous faut comprendre que très peu de gens vous aideront à porter votre croix ; peut-être une seule personne vous aidera. Ne blâmer pas vos collaborateurs qui vous abandonnent quand vous emprunter le chemin de la croix. Ils n'ont pas la capacité de porter votre croix. Dieu vous enverra votre Simon de Cyrène ; il portera la croix lorsque vous serez à bout, et vous arriverez au lieu de la crucifixion.
Une fois sur le lieu de la crucifixion, se tenaient aux côtés de Jésus, sa mère, sa tante, les femmes qui le servaient...et Jean. Où étaient passé les autres disciples ? Ils s'étaient enfuis pour sauver leur vie. Matthieu écrit à ce sujet :
« Alors tous les disciples l'abandonnèrent et prirent la fuite » (Matthieu, 26.56).
2. Un lieu de solitude
Le chemin de croix est un chemin solitaire. Quelques personnes peuvent vous accompagner mais vous irez tout seul à la crucifixion. Le texte que nous avons proposé précédemment ne laisse pas de place au doute. Que nous dit-il ?
« Près de la croix de Jésus, se tenait sa mère et la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas et Marie-Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et debout auprès d'elle le disciple qu'il aimait dit à sa mère : Femme, voici ton fils. Puis il dit au disciple : Voici ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean, 19.25-27).
Très peu de chrétiens sont prêts à marcher avec vous sur le chemin de la croix. Il est facile de penser que les gens vous aiment et ne vous abandonneront pas. Vous vous trompez, et votre désillusion risque d'être grande. Car si nous tenons compte des noms que citent les Evangiles pour désigner qui sont ceux qui ont été avec Jésus jusqu'au bout, on ne trouve pas grand monde. Quelle que soit la popularité d'un serviteur de Dieu, quand il se dirige vers la crucifixion, il sera délaissé. Quelle que soit l'onction qu'il porte, quand il passe par la croix, il est impopulaire et considéré comme un brigand. Ceux qui l'ont adulé autrefois chercherons la moindre faille pour le discréditer et justifier leurs actes. Mais quelques frères resteront à ses côtés, ceux qui ne craindront pas d'être arrêtés par les soldats romains. Ils ont reçu de Dieu la capacité de vous suivre sur ce chemin difficile.
Vous ne pouvez pas éviter ce chemin. Dieu l'a choisi pour votre vie. Car si le grain de blé que vous êtes ne meure, vous ne pourrez pas porter le fruit que le Père a prévu pour vous. Des événements difficiles à vivre secouent parfois nos communautés. Bien sûr, à l'instant où ils se produisent nous portons nos regards sur ce que nous « subissons » et nous nous demandons ce qui nous arrive. Nous ne comprenons pas, pourquoi certains de nos collaborateurs nous quittent, les critiques qui nous sont adressées, ce qui nous est vraiment reprochés. Nous tombons de haut lorsque nos propos sont déformés, nos péchés passés sont rappelés à tous pour montrer que nous ne sommes rien...
La croix est un chemin difficile mais c'est la meilleure étape de notre vie chrétienne. Car la résurrection qui suit la crucifixion est une vie qu'il nous faut connaître ; c'est le prélude de la vie céleste.
3. Un temps de révélation
La croix est un moment de révélation. Vous allez découvrir qui est prêt à vous soutenir. Des soutiens inattendus se révéleront. David fuyant Saül a eu des soutiens inattendu comme Jonathan, fils de Saül, des hommes endettés fuyant l'autorité de Saül, Akich, roi de Gath et Abigaël, veuve de Nabal. Jésus sur la croix est soutenu par sa famille, pourtant pas proche de lui lorsqu'il exerçait son ministère (Jean, 7.4b). Les gens qui lorsqu'il se joints à vous l'ont fait timidement se révèlent être vos seuls soutiens. Vous découvrez les liens que l'ennemi ne peut détruire bien que vous soyez dans un état d'impopularité et de faiblesse qui pousse la majorité à vous rejeter. Vous allez voir ceux qui sont près à s'exposer et qui continuent à croire que vous êtes un serviteur ou une servante de Dieu, à l'image de la mère et de la tante de Jésus, et des femmes qui le servaient. Oui, la croix a montré que les hommes n'étaient pas aussi nombreux que ça aux côtés du Seigneur. Les femmes par contre étaient là. Leur courage était manifeste. Pourquoi alors autant d'incompréhension sur le ministère de la femme ? Pourquoi essaie-t-on d'interpréter la Bible sur cette question au lieu de l'expliquer ?
La croix est le lieu où ceux qui marchent avec vous par intérêt vous quittent et ceux qui ont véritablement reçu de Dieu d'être à vos côtés restent. Elle permet à chacun de se connaître. Ceux qui reconnaîtrons leur état et se repentiront suivront la vision que vous avez reçue de Dieu, même s'ils avaient préalablement trébuché. Ceux qui vous regardent comme un homme « mort », qui ne peut plus rien « rapporter », vous les découvrirez. Cependant, vous devez pardonner sans condition. Car jésus s'est écrié :
« ...Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » (Luc, 23.34).
Il se peut que parmi ceux qui ignorent maintenant certains vous demandent pardon et d'autres pas, vous devez pardonner sans condition. Cherchez à imiter notre Seigneur. Dites comme lui : « Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » la croix est le lieu du pardon inconditionnel. Ne maudissez pas malgré votre douleur. Pardonnez. C'est la volonté du Seigneur.
La croix est un lieu de rassemblement. Ceux qui vous soutiennent feront bloc autour de vous. Ce sera peut-être un petit nombre de personnes, mais leur conviction ne sera que plus forte sur le fait qu'il savent qui vous êtes. Des nouvelles relations naissent. De hommes et des femmes qui n'avaient pas beaucoup de liens entre eux se retrouvent. C'est pourquoi il est écrit :
« Jésus, voyant sa mère, et debout auprès d'elle le disciple qu'il aimait dit à sa mère : Femme, voici ton fils. Puis il dit au disciple : Voici ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui. »
Pour ces hommes et ces femmes, vos paroles ont encore de la valeur. Même si vous êtes sur la croix, ils ne vous méprisent pas. Ils vous écoutent et font ce que vous leur conseillé. C'est un lieu de tri. Le grand nombre s'en va. Un petit nombre de personnes, auquel vont se joindre d'autres, demeurera fidèle pour se préparer à recevoir l'Eprit, le jour de la Pentecôte. Au cours de l'histoire de la relation des hommes avec Dieu, il a souvent agi ainsi. Dieu sauve par un petit nombre de personne. Ce nombre commence par deux ou trois. C'est là que se manifeste sa présence (Matthieu, 18.20).
4. Le brisement
Si nous voulons marcher et demeurer dans les voies du Seigneur, nous ne pouvons pas éviter la croix. Si nous voulons voir l'œuvre qu'il nous a confiée prospérer nous ne pouvons l'ignorer. C'est pourquoi il nous faut impérativement apprendre les leçons de la croix pour saisir la grandeur de l'œuvre de Dieu, et ce qu'il attend de nous. Le texte ci-dessous va nous aider à saisir des vérités essentielles sur la croix. Luc, compagnon d'œuvre de l'apôtre Paul, écrit à propos de la crucifixion de Jésus :
« Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé le Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs ; l'un à droite, l'autre à gauche. Jésus dit : Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. Ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort. Le peuple se tenait là et regardait. Quand aux chefs, ils raillaient (Jésus) en disant : Il a sauvé les autres ; qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ élu de Dieu ! Les soldats aussi s'approchèrent pour se moquer de lui et lui présentèrent du vinaigre en disant : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. Il y avait au-dessus de lui cette inscription : Celui ci est le roi des Juifs. » (Luc, 23.33-38).
La croix vous met au nombre des malfaiteurs. Vous êtes traité comme un malfaiteur alors que vous ne l'êtes pas. Vous n'avez ni volé, ni commis d'adultère, ni triché, etc. mais un tribunal a décidé de vous condamner parce que vous gênez plusieurs personnes, le diable en premier. Vos accusateurs savent que vous n'êtes coupable de rien mais ils trouveront des témoins et fourniront des « preuves » contre vous pour que tous croient en votre culpabilité. Et si toutefois vous avez commis un quelconque péché, ils ne vous pardonneront pas malgré votre repentance et les preuves de votre changement.
A la croix, Christ fut dépouillé de ses vêtements ; vous le serez également. L'industrie du cinéma nous présente un Christ portant un ruban qui cache son sexe. Croyez-vous que les autorités romaines s'évertuaient à cacher la nudité des condamnés à mort ? Certainement pas. Car la croix était une mort humiliante. Et parfois, les corps de ceux qui mourraient ainsi pourrissaient sur le bois. A la vue de ce spectacle, l'effroi saisissait les ennemis de Rome. Christ était nu sur la croix. Votre nudité sera exposée au grand jour. Christ n'a jamais péché, mais aucun homme ne peut dire qu'il n'a jamais péché. Vous n'êtes donc pas une exception. Trahi, vous apprendrez alors à ne plus vous confier à n'importe qui. Vous ne parlerez que lorsque le Seigneur vous le demandera. Comme les vêtements de Christ furent partagés par les soldats, vos biens seront partagés par ceux qui vous crucifient. Ils vous crucifient mais ils ne jettent pas vos biens ; ils se les partagent, car ils connaissent leur valeur. Mais il faut que vous sachiez que ceux qui vous crucifient ne « savent pas ce qu'ils font ». Ils ne sont que des instruments entre les mains de Dieu pour vous conduire de façon efficace vers la destinée que Dieu a pour vous.
Le peuple regardait Jésus sur la croix ; ceux pour qui vous avez prié autrefois, ceux qui disaient de vous que jamais ils n'avaient connu un homme de Dieu comme vous n'oseront même pas vous défendre. Ne les blâmer pas. C'est ce que veut la croix. Ceux qui, depuis longtemps, attendent votre fin se réjouiront, à l'instar des chefs du peuple juif jubilant pour la crucifixion du Seigneur. Ils tenteront de prouver que n'étiez pas un vrai serviteur de Dieu. Ils séduiront l'Eglise en disant : « Il a sauvé les autres ; qu'il se sauve lui-même s'il est le Christ élu de Dieu ». Ils diront : « Si Dieu est vraiment avec lui pourquoi il n'a pas telle chose dans sa vie... » Ils pointeront du doigt ce qui vous manque et argumenteront là-dessus.
La croix doit révéler qui vous êtes. Il fut écrit ceci de Jésus : « Celui-ci est le roi des Juifs ». Si vous demeurez fidèle au Seigneur dans l'épreuve, il se servira de la main de vos bourreaux pour publier qui vous êtes, comme Ponce Pilate fit écrire qui était Jésus. Oui, la croix publiera que vous êtes un homme oint, un véritable leader, un berger selon le cœur de Dieu, un prophète consacré, un véritable apôtre, un évangéliste amoureux des âmes, etc.
5. Soutien divin
Parler de la croix, simplement par révélation, sans avoir vécu ce qu'elle est, n'est pas très aisé. Car notre discours peut n'être que théorique. C'est pourquoi il faut passer par-là pour enseigner une connaissance pratique. C'est alors que la parole devient vivante. Car c'est aussi l'expérience d'une vie qu'on partage. C'est pour cette raison que Dieu vous ferra passer par ce chemin, si ce n'est pas déjà fait. Oui, l'enseignement de la croix ne peut être théorique, il est pratique. Que pouvons-nous apprendre encore de la croix ? Lisons le texte ci-dessous :
« Lorsqu'ils furent dans ce lieu, il leur dit : Priez afin que vous ne tombiez pas en tentation. Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'un jet de pierre, et, s'étant mis à genou, il pria, disant : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Etant en agonie, il priait instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient par terre. Après avoir prié, il se leva, et vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse, et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation. » (Luc, 22.40-45).
Le chemin qui conduit à la croix passe par le jardin de Gethsémané, au Mont des Oliviers, lieu où Jésus se rendait souvent pour prier. La prière est incontournable pour demeurer fidèle à Dieu dans l'épreuve de la croix. Jésus se rendit à Golgotha grâce au soutien qu'il reçut de Dieu pendant ces temps de prière. Mais comme Jésus fut seul à prier, il se peut que vous vous retrouviez seul. Le soutien de vos frères peut vous manquer. Cependant, celui de Dieu ne vous manquera pas. Jésus reçut le soutien du Père par la présence d'un ange à ses côtés. Ce dernier l'a certainement accompagné jusqu'à Golgotha. Vous aussi, vous recevrez du Seigneur le soutien d'un ou plusieurs messagers célestes. Ils ont agi aux côtés de Jésus, l'ont fait avec les disciples et le font aujourd'hui dans l'Eglise. Ils sont envoyés pour exercer un ministère en votre faveur, afin que par votre service le nom de Jésus soit honoré. Les anges ont souvent œuvré aux côtés des serviteurs de Dieu. Et leur présence a permis la manifestation de la gloire de Dieu. Par leur ministère l'impossible est devenu possible à la gloire du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Des femmes stériles ont enfanté quand les anges de Dieu sont passés à l'action, des généraux ont remporté des victoires éclatantes, des paralytiques ont marché, des hommes découragés se sont relevés, d'autres apeurés ont repris courage, des intercesseurs ont été exaucés, des miracles se sont accomplis, des choses inouïes se sont produites, etc. Pourquoi de nombreux disciples ne prennent-ils pas conscience de l'importance de ce ministère ? Pourquoi en sommes-nous privés ? Nous ne prions pas comme notre Seigneur. Si nous prions jusqu'à ce que le Père réponde, sans nous relâcher dans notre prière, nous ne traverserons pas l'épreuve de la croix tout seul. Si humainement vous vous sentez seul, sachez cependant que vous ne l'êtes pas. Vous ne sentez peut-être pas la chaire de poule, le feu, le vent, etc. il n'y a peut-être rien d'extraordinaire qui se passe autour de vous mais Dieu est à vos côtés. Car c'est lui qui vous conduit à la croix. Priez pour ne pas fuir l'épreuve de la croix.
Jésus insiste sur la nécessité de prier. Pourquoi le fait-il ? Le moyen que Dieu a prévu pour ne pas tomber en tentation est la prière. Les disciples de Jésus n'ont pas prier. Quel fut le résultat de leur laxisme ? Quand vint le temps de se tenir auprès du Seigneur, il ne purent le faire. Ils l'abandonnèrent en prenant la poudre d'escampette comme des couards. Nous n'aurions pas fait mieux si nous avions vécu à cette époque. Nous nous serions comportés comme Pierre et les autres disciples. D'ailleurs, aujourd'hui ne faisons-nous pas la même chose ? Ne sommes-nous pas en train de dormir alors que nous devrions être en train de prier ?
6. Vous serez prévenus et oints pour affronter la croix
Peut-on soupçonner un seul instant que le repas que Jésus prit chez Simon le lépreux était un moment important pour le préparer à affronter l'épreuve de la croix ? Lisons ensemble un morceau de cette histoire et laissons-nous enseigner par l'Esprit de Dieu. Matthieu écrit :
« Lorsque Jésus eut achevé tous ces discours, il dit à ses disciples : Vous savez que la Pâque a lieu dans deux jours, et que le Fils de l'homme sera livré pour être crucifié...Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme s'approcha de lui, tenant un vase d'albâtre, qui renfermait un parfum de grand prix ; et, pendant qu'il était à table, elle répandit le parfum sur sa tête. Les disciples, voyant cela, s'indignèrent, et dirent : A quoi bon cette perte ? On aurait pu vendre ce parfum très cher, et en donner le prix aux pauvres. Jésus, s'en étant aperçu, leur dit : Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? Elle a fait une bonne action à mon égard ; car vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m'avez pas toujours. En répandant ce parfum sur ma tête, elle l'a fait pour ma sépulture. » (Matthieu, 26.1-2, 6-12).
Jésus annonce un week-end difficile à ces disciples : il va être livré pour être crucifié. Quelle annonce difficile à accepter ! Les prophètes de nos jours n'annoncent jamais des temps difficiles, toujours de bonnes choses. Quelle contraste avec notre Seigneur ! Le Seigneur veut nous prévenir du moment de notre crucifixion. Il souhaite nous faire comprendre que nous allons passer par la croix, mais préoccupés par autre chose, nous ne sommes pas prêts à l'entendre comme les disciples ne comprenaient pas que Jésus allait vraiment être crucifiés.
Si votre pasteur vous annonce que votre Eglise passera par des moments difficiles, et que vous devez vous préparer à être criblés par l'ennemi, que ça va être très dur, qu'il faut veiller pour ne pas être emporté par la tempête, etc. considérerez-vous que votre pasteur est conduit par l'Esprit ? Considérerez-vous que cette parole vient de Dieu ? Pourtant, je peux vous dire que l'Esprit de Dieu a souvent conduit des hommes et des femmes à annoncer des temps fâcheux. Ces messages sont des exhortations au changement, des appels au retour à la communion avec le Seigneur. Jonas annonce la destruction à Ninive ; le roi et tout le peuple entende les paroles du prophète et se repente...Dieu ne détruit pas la ville. Jérémie annonce la déportation à Babylone, mais personne n'y prend garde, et la parole s'accomplit ; on pourrait encore citer plusieurs événements racontés par la Bible. L'une des fonctions de la prophétie est l'exhortation. La version grecque du Nouveau Testament emploie le terme paraklêsin qui vient de paraklêsis, qui signifie appel pressant, excitation, encouragement. L'exhortation est parfois un appel pressant au changement, une excitation à la repentance, un encouragement à revenir dans les voies de Dieu. N'était-ce pas l'un des aspects du message des prophètes au peuple d'Israël ? En quoi ces messages n'étaient-ils pas des prophéties ? Or de nos jours, la prophétie est devenue une activité divinatoire qui à annoncer de bonnes nouvelles pour l'avenir. Les prophètes ont peur d'être décapités comme leurs prédécesseurs. Ils ne veulent pas dénoncer les péchés du peuple et du roi pour ne pas perdre dîmes, offrandes et donations particulières.
Quand Jésus revint du désert, après quarante jours de jeûne, il se rendit à Nazareth. Il y fit une déclaration qui montrait que l'onction est accordée par Dieu dans un but donné. Il dit : « Qui a pensé un seul instant que Jésus reçut dans la maison de Simon le lépreux l'onction pour aller à la croix. Il dit bien :
« En répandant ce parfum sur ma tête, elle l'a fait pour ma sépulture » (Matthieu, 26.12).
Arrêtons-nous un instant sur l'onction que fit cette femme à Jésus. L'une des choses qui nous donne la capacité d'affronter la croix est l'onction. Mais l'onction dont il est question dans le présent texte n'est pas celle qui conduit les prédicateur à souffler sur les foules pour qu'elles s'affalent sous la puissance de Dieu. Elle n'agit pas pour guérir les malades, faire marcher les paralytiques, délivrer ceux qui sont sous le pouvoir de Satan, ressusciter les morts par votre ministère, etc. Cette onction n'est pas destinée à aider les autres ; elle est pour vous. Elle est « taillée » pour vous soutenir dans l'épreuve de la croix. Dieu vous la donne, mais il se peut que vous ne reconnaissiez pas à quel moment elle vient sur vous. Car comme les disciples, aveuglés par le prix du parfum, ne virent dans le geste de cette femme un acte divin pour soutenir Christ se préparant à affronter l'épreuve de la croix, vos collaborateurs ne reconnaîtront pas ceux que le Seigneur envoie pour vous soutenir ; c'est à vous de les reconnaître. Il faut cependant signaler une chose essentielle à cette onction : l'humilité. Jusqu'au jour où cette femme versa ce parfum sur la tête du Jésus, personne n'avait jamais osé faire une telle chose. Il est le Seigneur et le Messie mais il laisse quelqu'un d'insignifiant répandre sur sa tête un parfum. Reconnaîtrez-vous que des gens « insignifiants » peuvent vous apporter quelque chose da la part de Dieu ?
Cette femme avait un parfum de grand prix ; il y a également des gens que Dieu a destiné à vous apporter les ressources qui vous permettront de passer par la vallée de l'ombre de la mort sans que ni vous ni vos soutiens y trépassiez. Discernez qui sont ces gens et protégez-les des « attaques » des frères et sœurs qui se croient spirituels mais ne le sont. N'écoutez pas ceux qui, autour de vous, dans une apparence de sagesse, blâment les hommes et les femmes qui vous soutiennent dans l'épreuve ; ils critiquent toujours l'usage qu'on fait des dons. Certaines personnes laissent croire à leurs auditeurs qu'elles se soucient des pauvres, en laissant entendre qu'il faut utiliser les dons faits à l'Eglise pour aider les plus démunis. Il y a certainement des communautés chrétiennes qui ne prennent pas soin des pauvres, mais il y a d'autres qui le font. Mais il faut savoir distinguer ce qui doit être fait pour le bien du leader de ce que doit être fait pour aider les plus démunis, et quand cela doit être fait ; car il y a un temps pour tout. Les personnes qui manquent de discernement ne reconnaissent ni les moments qui précèdent la croix ni les hommes ni les femmes que Dieu destine à vous soutenir pour un temps, ou à tout moment, ni ce qui doit vous être accordé pour affronter l'épreuve de la croix. Marie n'était pas au nombre des apôtres, les collaborateurs les plus proches du Jésus. Il est possible qu'à cette époque elle ne fût même pas comptée au nombre des disciples, car elle était venue dans la maison de Simon pour se repentir ; elle n'y avait pas été invitée : c'était une femme de mauvaise vie. Pourtant, sans le savoir, elle répandit sur la tête du Seigneur une onction bien spéciale. Ceux qui vous soutiennent dans les moments difficiles peuvent ne pas être des membres de votre équipe. Voilà pourquoi vous devez veiller à ne pas rejeter les potentiels soutiens extérieurs à votre entourage.
La croix demande de marcher aux côtés d'un homme de Dieu sans être intéressé. Si votre cœur est avide de gain, quand viendra l'épreuve de la croix, vous abandonnerez votre leader tout comme le firent les apôtres et les disciples. Il y avait parmi les compagnons de jésus ceux qui le suivaient parce qu'ils espéraient régner avec lui dans à Jérusalem. Ils pensaient que le royaume d'Israël allait renaître à l'instant et que le fils de David, Jésus, prendrait le pouvoir en chassant les Romains. Mais l'arrestation et la crucifixion de Jésus provoqua une dispersion des disciples. Leur espoirs moururent et s'enfuir pour sauver leur peau. Quand vous passerez par la croix certains personnes croiront que c'était fini pour vous. Elles penseront que votre ministère était terminé, votre appel est mort. Il n'y avait donc plus de raison de marcher avec lui. C'est souvent à ce moment que ceux qui n'ont vraiment cru en vous disent qu'ils avaient eu raison de ne pas se joindre à vous, qu'ils ne se sont pas trompés dans leur choix...
Il n'est pas étonnant que parmi les hommes, seul Jean fils de Zébédé se tenait au pied de la croix de Jésus. Il avait compris qui était celui qu'il suivait ; l'évangile qui porte son nom le montre bien .
Pasteur Oubala
1. 23/12/2010
Bonjour,
juste pour vous dire que mon mari et moi avons beaucoup apprécié votre homélie sur la croix. Très très bonne analyse.
Merci beaucoup d'avoir mis celà sur internet car ça nous a beaucoup éclairé sur certaines expériences vécues que vous avez cité.
Cordialement,
Alexandra