
Culture et louange, voici deux notions sur lesquelles nous avons décidé de porter notre réflexion, pour tenter d'apporter notre contribution à l'étude de sujets aussi importants. Nous aurions pu les étudier séparément pour en faire deux sujets, mais nous avons choisi d'en faire un seul à cause de leur imbrication « pratique » dans les assemblées de l'Église.
1. La culture
Qu'est-ce que la culture? Le dictionnaire donne plusieurs significations de ce mot. Mais pour notre étude, seules deux nous intéressent : D'après le dictionnaire Universalis, la culture est l'ensemble des connaissances acquises, et l'ensemble des structures sociales, sociales, religieuses, etc., des manifestations intellectuelles, artistiques, etc., qui caractérisent une société. On peut ainsi parler de la culture chinoise, la culture française, la culture indienne, etc.
En voici quelques synonymes, au sens où nous l'utiliserons dans cette étude: acquis, connaissance, éducation, érudition...
Tout disciple de Jésus-Christ sait que que sa culture doit être celle du royaume des cieux et non celle de ses pères, de son pays, etc...Mais qu'en est-il en réalité? Examinons la parole de Dieu, sur ce qu'elle nous enseigne à ce sujet. L'apôtre Paul, dans l'épître aux Colossiens, écrit:
«Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie selon la tradition des hommes, selon les principes élémentaires du monde, et non selon Christ » (Colossiens, 1v8)
La philosophie est définie comme l'amour de la sagesse. Cependant, nous savons très bien que la sagesse dont il est question n'est pas la sagesse divine mais celle du monde. Les philosophes sont ainsi appelés « sages ». Souvent, une personne « sage » dans un domaine pour lequel nous manquons de fermeté, peut influencer très facilement notre opinion sur certaines questions. On peut prendre conseil auprès de personnes dites « sages » selon le monde, pour s'apercevoir plus tard que ce que nous avons fait n'était pas ce que Dieu voulait pour nous, même si cela semblait préalablement être une sage décision aux yeux des hommes.
La foi, selon la Bible, peut parfois être opposée au raisonnement humain, à la sagesse selon les hommes. Au cours d'évangélisation « de proximité », on entend parfois : « Moi je suis pas chrétien, mais je suis incapable de faire ce que cette personne chrétienne fait. » On comprend que le témoignage est important, mais la sagesse du monde peut freiner la conversion. La philosophie fait partie intégrante de la culture, car c'est une science qui est ancrée dans nos sociétés et reconnue par tous. Paul a évangélisé principalement la Mésopotamie, territoire qui correspond de nos jours en partie à la Grèce, Chypre, la Turquie, etc...La mythologie, visage essentiel du polythéisme grec, était un ensemble de croyances de ces territoires. Un autre visage, cette fois culturelle, de ces territoires était la philosophie. Or d'après la définition que le dictionnaire donne de la culture, on ne peut que considérer la mythologie et la philosophie comme des piliers essentiels des traditions grecques. Paul a averti les chrétiens de Colosse des dangers des traditions des hommes, aspect importants de la culture.
Le mot culture couvre un champ sémantique très vaste, comprenant une multitude d'aspects. La culture peut être pernicieuse car certains de ses aspects peuvent négativement influencer notre vie chrétienne. Cependant, ne diabolisons pas pour autant la culture. Car la Bible nous enseigne qu'elle constitue une grande richesse pour chacun de nous. Jésus dit :
« ...C'est pourquoi, tout scribe instruit de ce qui regarde le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. » (Matthieu, 13V52).
Les choses anciennes peuvent symboliser notre passé, notre héritage culturel, etc...Faisons de notre culture un atout pour servir le royaume de Dieu et non le contraire. Nous pourrions réfléchir à l'influence de notre culture dans bien des domaines, mais nous avons choisi de porter notre réflexion sur l'impact de nos cultures sur la louange. Poursuivons donc notre réflexion.
2. Contexte historique.
Il est essentiel de considérer le contexte historique pour traiter d'un tel sujet. Et ce contexte sera uniquement biblique car la musique/louange étant avant tout d'origine divine, c'est dans la Bible qu'on trouve des textes qui peuvent mieux nous renseignement sur ce sujet.
Dès le commencement de la création, on peut voir que l'art de la musique avait une place importante dans la vie des hommes. En Genèse, 4.21, la Bible nous parle du premier musicien des temps. Il est écrit à ce sujet:
«...le nom de son frère était Jubal : il fut le père de tous ceux qui jouent de la harpe et du chalumeau. » (Genèse, 4.21).
Dans autre texte du livre de la Genèse, dans un épisode qui raconte un petit morceau de la vie de Jacob, le père des douze tribus d'Israël, on voit que la musique est présente dans la vie des populations mésopotamiennes de l'époque. Elle semblait avoir essentiellement pour rôle de produire de la joie, par le fait qu'elle accompagnait les moments festifs. Voici ce que Laban dit à Jacob:
«…Je t'aurais laissé partir au milieu des réjouissances et des chants, au son du tambourin et de la harpe. » (Genèse, 31.27).
Nous ne pouvons parler de l'impact de la culture contemporaine sur la musique/louangue produite dans nos communautés religieuses sans se rappeler ce que l'histoire de nos églises protestantes européennes.
Les églises protestantes européennes sont nées au cours du 16ème siècle, avec pour leader Martin Luther. La naissance du protestantisme s'est faite dans un mouvement social qui a entrainé l'abolition des droits seigneuriaux, la suppression du servage, la réduction des impôts, la révolte paysannes, etc. dans la plupart des pays européens (Angleterre, France, Suisse, Allemagne...), même si pour Luther, cette lutte était purement religieuse. Luther prônait la tolérance religieuse et affirmait le droit de tout homme à servir Dieu selon sa conscience. La réforme a condamné la trop grande complexité des mots latins et de la polyphonie. Elle a eu pour objectif, en autre, de faire en sorte que les textes saints soient intelligibles pour tous les fidèles. Luther a ainsi traduit la Bible en allemand (N.T. 1522, A.T. 1523). Une fois les textes bibliques rendus intelligibles pour tous et non seulement pour le clergé, ce qui permettait l'unification des fidèles, Luther, grâce à ses talents de poètes et de musicien, composa différentes œuvres (on lui en attribut environ 36). Avant cette réforme, les chants utilisés par l'église catholique étaient en latin, donc peu accessible aux peuples, mais ouvert uniquement à l'élite de la société. Ainsi donc, est né ce que l'on appelle le « chant populaire ».
Cependant, les chants en « patois », en « langue vernaculaire », en « langue maternelle » sortis de leur territoires physiques restreignaient l'impact de l'évangile, car ils n'étaient pas accessibles à tous, bien qu'ils aient été le point de départ de la vulgarisation et de l'accession à la connaissance. Partant du travail accompli par le réformateur germanique, en matière de pratique cultuelle, nous pouvons considérer nos églises comme les sarments et la réforme luthérienne comme le cep (cf. Jean 15v5) Les sarments du cep, non pas tous la même taille, la même forme, les mêmes excroissances etc. Nous sommes donc tous différents mais devons rester fixés sur le cep.
Mariette Oubala
1. 29/07/2010
Merci pour l'éclairage historique !